Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 15:23
Les crises de la guerre froide PREMIERE ES
Les crises de la guerre froide PREMIERE ES
Les crises de la guerre froide PREMIERE ES
Les crises de la guerre froide PREMIERE ES
Les crises de la guerre froide PREMIERE ES
Les crises de la guerre froide PREMIERE ES
Les crises de la guerre froide PREMIERE ES
Les crises de la guerre froide PREMIERE ES
Les crises de la guerre froide PREMIERE ES
Les crises de la guerre froide PREMIERE ES
Les crises de la guerre froide PREMIERE ES
Les crises de la guerre froide PREMIERE ES
Les crises de la guerre froide PREMIERE ES
Les crises de la guerre froide PREMIERE ES

La guerre froide, conflit idéologique, conflit de puissance.

1945-1991

 

Mis en place dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, deux blocs menés d'une part par les États-Unis et d'autre part par l'URSS vont s'affronter indirectement dans ce qu'on a appelé la guerre froide.

La guerre froide est une guerre totale et très longue. Elle oppose les deux superpuissances victorieuses de la SGM: les EU et l’URSS

Chacune veut imposer au monde son modèle idéologique: le communisme pour l’URSS et le capitalisme libéral pour les EU

Chacune va prendre le contrôle du plus de territoires possibles dans le monde en plaçant les autres Etats sous influence. D’où la formation de deux « blocs ».

Mais, surtout, aucune des deux superpuissances ne veut d’un conflit militaire direct. 

 

De quelles manières les trois crises analysées en cours illustrent les règles particulières à ce conflit?

 

Partie 1. Berlin au coeur de la guerre froide. 1948-1989.

La mise en place de deux blocs

La fin de la Seconde Guerre mondiale marque la victoire des deux grandes puissances, les États-Unis et l'URSS :

  • Les États-Unis n'ont pas eu de destruction et ont doublé leur production pendant la guerre. Ils possèdent les deux tiers des stocks d'or et jouissent d'une grande popularité.
  • L'URSS est le pays qui a subi le plus de destructions matérielles et a perdu 20 millions de personnes pendant la guerre. Elle jouit aussi d'un grand prestige et l'armée rouge a libéré la moitié de l'Europe.

Ces deux puissances s'opposent idéologiquement et ont des ambitions opposées :

  • Les États-Unis prônent la démocratie libérale et le capitalisme.
  • L'URSS défend le communisme et veut répandre cette idéologie

Dès 1945, Churchill évoquait la division du monde en deux. En 1946, il prononce un discours dans lequel il parle d'un "rideau de fer" qui divise l'Europe.

 

 

1. Berlin devient un enjeu de la guerre froide dès 1948 avec une 1ère crise: le blocus de Berlin

1945: l'Allemagne et Berlin sont divisés en 4 secteurs d'occupation sous contrôle des Soviétiques, des Français, des Britanniques et des Etatsuniens. Cette décision a été prise en février 1945 dans les accords de Yalta entre Staline, Churchill et Truman.

 Le blocus de Berlin met en lumière une crise d'un type nouveau qui peut être analysée ainsi:

- Notion de défi à l’adversaire: la crédibilité de la protection américaine est remise en question par le blocus

- Notion de zone d’influence en jeu: Staline voudrait récupérer le secteur ouest de la capitale qui reste une vitrine du capitalisme au coeur du monde communiste.

- Notion de maîtrise de l’escalade dans la crise:  rejet de la solution militaire et choix d’une réplique pacifique (le pont aérien) 

 - Victoire idéologique des EU: par le symbole (l’avion civil). Image d’une réaction résolue et pacifique à une forme d’agression i

Cette crise va accélérer la transformation de l’Allemagne: les 4 secteurs d’occupation fusionneront en 2 Allemagne: la RFA (République fédérale d’Allemagne) sous influence des EU et la RDA (République démocratique d’Allemagne) intégrée dans le bloc soviétique

2. La crise du Mur de Berlin (1961).

  1. La crise est déclenchée par l’un des joueurs. Est-ce pour défier son adversaire comme dans le cas du blocus de Berlin?

Ce n’est pas un défi au sens du blocus de 1948 car le joueur qui prend l’initiative du Mur n’est pas en position de force:

La situation d’avant le Mur est intenable pour Khrouchtchev, le leader soviétique, (migrations intenses de l’Est vers l’Ouest).

L’URSS est donc contrainte d’agir mais sans aller trop loin

2. Pourquoi la réaction américaine dans la crise a-t-elle été si tardive et si limitée contrairement au blocus de Berlin?

Il n’y a pas réellement d’affrontement ou de défi entre les deux adversaires.

 Le Mur ne remet pas en question la zone d’influence américaine contrairement au blocus.

D’où l’absence de réaction immédiate américaine: une simple visite du président Kennedy en 1963 (deux ans plus tard) et un simple discours

3. Qui gagne dans cette crise et pourquoi?

La crise du Mur de Berlin est là encore, comme la précédente, gagnée par les Américains:

  • la coupure brutale de toute communication entre les 2 Berlin est un acte de défense de l’URSS qui signale sa vulnérabilité (les citoyens qui vivent dans le monde communiste cherchent à fuir par milliers)
  • Le discours de Kennedy est une arme qui détruit symboliquement l’adversaire: il y a dans ce discours une démonstration imparable qui placent les EU comme les gagnants dans cette crise. Montrez que le discours décrédibilise le modèle communiste.

3. C'est à Berlin que commence l'effondrement de l'URSS avec la chute du Mur de Berlin en 1989.

La fin de la guerre froide

L'URSS supporte de moins en moins les coûts liés à la course à l'armement. Le défi lancé par Ronald Reagan d'un bouclier de l'espace est susceptible, si les EU réussissent à le fabriquer, de remettre en cause le principe fondamental de la dissuasion nucléaire: l'initiative de défense stratégique (IDS) prévoit la mise en place d'un système d'armes dans l'espace capable de détruire tout missile d'attaque soviétique. Les EU seraient alors protégés et l'URSS vulnérable. Or cette fois l'URSS ne peut pas relever ce défi: elle est obligée de reconnaître sa faiblesse.

Cet aveu de faiblesse va conduire les populations du bloc communiste a accentuer leur opposition au système de domination des partis communistes dans les sociétés communistes d'URSS et des pays d'Europe orientale. :

  • En 1989, la chute du mur de Berlin entraîne la réunification de l'Allemagne.
  • Les républiques baltes proclament leur indépendance en 1990.
  • En décembre 1991, la fin de l'URSS est proclamée et Boris Eltsine devient le président de la Russie.

Partie 2. La crise de Cuba en 1961.

  1. L’URSS agit par pays interposé (Cuba)
  2. Le défi est jugé insupportable par l’adversaire (E-U)
  3. L’escalade est voulue par les EU qui lancent un ultimatum à l’URSS
  4. Mais le principe de dissuasion contraint les adversaires à la négociation.
  5. Khrouchtchev recule et renonce à équiper Cuba en missiles de combat
  6. Le facteur le plus dangereux est lié à une microdécision prise dans un contexte d’urgence: ……

C’est la crise la plus grave de l’après-guerre : la crise de Cuba, octobre 1962.

La crise commence avec la mise en place à Cuba de rampes de lancements de missiles. Le 22 octobre 1962, le président Kennedy ordonne à l’armée américaine d’encercler l’île et d’intercepter les navires porteurs de missiles. L’URSS est allée trop loin dans la zone d’influence vitale américaine. Le défi est insupportable pour les E-U.

Kennedy a conscience de pratiquer une politique « au bord du gouffre » qu’il expose clairement aux Américains et au monde. 84% des Américains approuvent ses décisions et tous les alliés américains et européens font bloc autour des E-U.

 Le risque de guerre nucléaire est imminent et dépend de la seule décision des dirigeants d’Union soviétique.

Novembre 1962, l’URSS retire ses missiles. En échange, elle obtient la promesse que les E-U n’essaieront plus de déstabiliser Castro.

Cette crise est importante pour les relations Est-Ouest dans la mesure où elle montre :

* que la théorie de la dissuasion fonctionne : l’escalade nucléaire peut déboucher sur un règlement pacifique

* que le dialogue entre les deux Grands est possible et nécessaire.

 

Partie 3. L'engagement américain au Viêt-Nam milieu des années 60-1975.

Question 1.Pourquoi les Etats-Unis engagent-ils toute leur puissance militaire au Viêt-Nam de 1964 à 1975?

L’engagement militaire américain commence en 1964. Il est d’abord le fait de militaires professionnels puis, très vite, en 1965, les conscrits  y sont envoyés faire leur service militaire. Au total, 3,5 millions d’Américains seront envoyés au Viêt-Nam. La guerre « américaine » est en fait la seconde qui touche ce pays.

A. La première guerre  au Viêt-Nam est « française ».


La guerre française au Viêt-Nam est une guerre coloniale. Son but: rétablir la suprématie française sur la colonie d’Indochine, suprématie contestée par la proclamation en 1945 de la République démocratique du Viêt-Nam par Hô Chi Minh, chef du parti communiste.Elle durera 8 ans de 1946 à 1954.

Cette guerre coloniale entre aussi dans la logique de la guerre froide: l’enjeu est pour les Américains de limiter l’expansion communiste en Asie du sud-est (Les E-U vont aider financièrement les Français).Et  pour l’URSS, puis pour la Chine devenue communiste en 1949, c’est une occasion de consolider le bloc que font ces Etats communistes en Eurasie.
 

1954: la défaite de Dien Bien Phu signe  l’échec français. La même année les accords signés à la Conférence internationale de Genève aboutissent à la division du Viêt-Nam: un Etat communiste au nord : le Viêt-Nam du Nord et un Etat sous protection américaine au sud: le Viêt-Nam du Sud

 

B. Dès lors, 2 modèles idéologiques sont face à face en contact direct.

 

  • Le Viêt-Nam du Nord: dictature du parti communiste, collectivisation des entreprises et des terres.
  • Le Viêt-Nam du Sud: les Etats-Unis souhaitaient en faire une démocratie à économie de marché mais le pays évolua très vite vers un pouvoir autoritaire et une corruption généralisée
  • Ce type de contact direct entre les 2 systèmes idéologiques se partageant le même pays se retrouve en Allemagne et en Corée.   

 

La conférence de Genève avait prévu que la réunification du pays pourrait intervenir après des élections générales qui devaient être organisées dans un délai de deux ans (1956). Or le gouvernement du Sud Viêt-Nam refuse de les organiser. Dès lors la situation dégénère Les militaires nord vietnamiens commencent à s’infiltrer au sud Viêt-Nam.Début années 1960: les Etats-Unis décident alors d’intervenir au nom d’une théorie des dominos à laquelle obéirait l’expansion communiste en Eurasie.L’intervention américaine au Viêt-Nam est donc guidée par la stratégie du containment dont le but est d’endiguer l’expansion communiste dans le monde.

 

 Conclusion de la question 1: pourquoi les Etats-Unis engagent-ils toute leur puissance militaire au Viêt-Nam de 1964 à 1975?

Cette seconde guerre du Viêt-Nam (après la guerre coloniale française) met en valeur les différents aspects de la guerre froide: une compétition à mort des deux systèmes idéologiques: le communisme  et le capitalisme./ a lutte indirecte entre les deux superpuissances qui agissent par l’intermédiaire d’autres pays: ici le Nord V-N et le Sud V-N./ Mais ce qui rend cette situation vietnamienne dangereuse c’est l’engagement direct et total d’une deux superpuissances: les Etats-Unis.

 

Question 2.Quelles sont les différentes formes prises par l’engagement militaire américain ?

A. Opération Rolling Thunder: le Viêt-Nam du Nord recevra plus de bombes que l’Europe pendant toute la Seconde Guerre mondiale.« Ramener le Viêt-Nam à l’âge de la préhistoire » proclame un général américain.L’objectif: couper le Nord Viêt-Nam du Sud mais éviter l’implication directe de la Chine. C’est la notion capitale dans les crises de la guerre froide de maîtrise de l’escalade

 

B. Opération « Search and Destroy »: l’ennemi  des Américains est insaisissable. Il est immergé dans la population paysanne, terré dans des tunnels. Il attaque par surprise. 
 

  • Les Américains tentent de détruire les villages suspects. Ils organisent des opérations héliportées dans la jungle pour « traquer » les « Viêt-Cong » (terme péjoratif pour nommer les soldats communistes).
  • La guerre se transforme en guerre d’usure.
  • Le « Kill ratio »: 1 mort américain pour 10 soldats nord-vietnamiens tués est jugé acceptable.
  • Pour évaluer ces opérations en l’absence de « vraies » batailles, les Américains comptabilisent les morts communistes. C’est le « Body count ».   

 

C. L’armée américaine va mettre au point et utiliser massivement la gamme la plus moderne d’armes jamais utilisée dans une guerre.Une seule limite jamais franchie: celle de la guerre nucléaire. 
 

C’est par son utilisation intensive au Viêt-Nam par les forces américaines que le Napalm est devenu une des armes les plus connues et une des plus emblématiques de la folie meurtrière militaire. Elle est surnommée familièrement « Nape » par les G.I. Le Napalm est composé de 46 % de polystyrène (une sorte de plastique), 33 % d’essence et 21 % de benzène. Quand il est largué sa température s’élève à plus de 1200 degrés Celsius et il aspire tout l’oxygène dans l’air en asphyxiant ceux qui ne sont pas directement brulés. Il a aussi la propriété de coller aux objets et aux personnes.En plus de sa puissance létale, l'impact psychologique provoqué par cette arme est puissant. De plus, les écosystèmes touchés par le napalm sont détruits pour plusieurs années.

 

Opération Ranch Hand fut une opération militaire américaine pendant la guerre du Viêt Nam, qui s'étala de 1962 jusqu'en 1971.
Cette opération consistait en des pulvérisations de défoliants (l’agent orange) sur des zones rurales du Sud-Viêt Nam pour lutter contre le Viet Cong en détruisant son couvert végétal et sa source de nourriture mais aussi pour dégager les abords des installations militaires américaines et y prévenir les attaques.
C’est une forme de guerre chimique dont les conséquences sur la santé humaine sont catastrophiques et durent encore.

 

Question 3 Pour quelles raisons les E-U ont-ils été battus?

1ère réponse: la technique de la guérilla  un nouveau type de guerre théorisé par Mao Zedong (dirigeant de la Chine communiste) ou Che Guevara (avec Fidel Castro, il prendra le pouvoir à Cuba et se rapprochera du bloc soviétique). Une armée intégrée dans la population et donc difficilement saisissable.  Une guerre d’usure dont le but n’est pas de gagner dans une bataille annoncée mais de détruire le moral de l’adversaire. Métaphore du tigre contre l’éléphant.

2e réponse: un moteur idéologique qui est, plus que le communisme, le nationalisme vietnamien.Le nationalisme vietnamien a permis à la population du Nord Viêt-Nam d’endurer les sacrifices.

 

3e réponse: une guerre de l’image gagnée grâce à des photographies comme celles analysées en coursL’échec idéologique des E-U est patent: l’image des E-U qui passent pour être les défenseurs de la liberté, se transforme en celle d’une superpuissance s’acharnant sur un peuple faible et martyr.

 

4e réponse : La société américaine est traversée dans les années 60 par de nombreux  mouvement contestataires qui sera amplifiée et mis en image par une génération de chanteurs comme: Joan Baez, Phil Ochs, les Beatles, Hendrix, Janis Joplin, Jefferson Airplane, Neil Young, MC5, les DoorsLa contestation hippie vise les valeurs puritaines américaines (morales sexuelle), la société de consommation, la vie dévouée au travail productiviste, les faux-semblants de la démocratie, la guerre.

30 avril 1975, Saigon est encerclée par l’armée du Nord Viêt-Nam.

  • Lorsque le dernier hélicoptère décolle du toit de l'ambassade des États-Unis, des milliers de candidats à l'exil se pressent encore dans les jardins. Plus de 30 000 réfugiés finiront néanmoins par se retrouver à bord des navires américains qui croisent au large.
  • "Ce n'est pas comme ça que je voyais l'Honneur américain", commente sobrement Graham Martin, dernier ambassadeur des États-Unis à Saigon, dès sa descente d'hélicoptère.
  • Hubert Van Es, photographe freelance, capture cette image (voir présentation power point du cours) d’une trentaine de personnes sur une échelle, tentant d’embarquer dans un hélicoptère posé sur le toit d’un bâtiment proche de l’ambassade (seule une douzaine d’entre eux pourra monter à bord (le poids maximum recommandé pour ce type d’hélicoptère est de …8 personnes).
  • Cette image restera à jamais le symbole de la défaite et de la fuite humiliante des Américains au Vietnam.

De fait, Saigon est tombée aux mains des communistes, qui la rebaptisent Ho-Chi-Minh-Ville, et partent aussitôt à la chasse aux "traîtres",  aux «collaborateurs" et autres "éléments subversifs", envoyant 65 000 d'entre eux devant un peloton d'exécution, et un nombre plus grand encore à la campagne ou dans des camps de "rééducation par le travail"

 

Le bilan  approximatif de ce conflit:

- Viêt-Nam du Sud: 300 000 soldats et 430 000 civils.

- Viêt-Nam du Nord: les estimations les plus basses sont fixées à 1,5 à 2 millions de morts et 3 millions de blessés et de mutilés.

- 13 millions de réfugiés.

- 58 217 soldats américains tués

- 300 000 blessés.

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by france
commenter cet article

commentaires

Présentation

Recherche

Liens