Vendredi 22 mai 2009


      Deux groupes sociaux la veille de la Révolution.









·        Doc1. La famille Gohin


1.   
Présentez le document


2.  
Etudiez la composition du tableau : par quel procédé Boilly suggère-t-il les liens qui unissent les membres de la famille Gohin ?


3.  
Quels éléments nous renseignent sur l’activité, la culture et le mode de vie d la famille Gohin ?


4.  
D’après cette scène et l’atmosphère que le peintre a voulu rendre, quelles sont les valeurs de cette nouvelle élite bourgeoise ?





 


·        Doc2. Concert chez le prince de Conti.


1.   
Présentez le document.


2.  
Par quels éléments le peintre a-t-il rendu l’atmosphère d’un salon aristocratique ?

 

 

 

·        Synthèse.

A partir des deux documents, comparez les deux élites : activités, valeurs, représentation de soi, ….











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Vendredi 22 mai 2009

4ème rupture dans l’histoire du monde occidental :

De la monarchie absolue à la révolution française



 

Le cours est divisé en blocs d’information et n’est donc pas structuré complètement : comme il est prévu, ce sont les élèves qui doivent, à un moment donné, proposer un plan à ce cours. Ce plan sera alors structuré en parties divisées en sous-parties.



1.  Louis XIV en costume de sacre par Hyacinthe Rigaud, huile sur toile, 1701, Musée du Louvre. 




·        
 Louis XIV, 1638-1715

Il est sacré en 1654  à 16 ans


·        
Mais  il ne prend personnellement le contrôle du gouvernement qu’à la mort du cardinal de Mazarin en 1661


·        
Régime politique en France: m
onarchie absolue.


·         Il est fondé sur le sa
cre: cérémonie religieuse réalisée à Reims et qui confère au roi un p
ouvoir de droit divin


·         Il est aussi fondé sur la concentration des 3 pouvoirs à la base de tout régime politique.
- Pouvoir exécutif: application des lois

- Pouvoir législatif: élaboration des lois
- Pouvoir judiciaire: juger le respect des lois


Cette concentration du pouvoir sur un seul homme est bien exprimée dans ce tableau par le jeu de la lumière, celui des regards et des costumes. La pose du roi est l'expression corporelle du chef: il parle et décide. Les conseillers, eux, sont en situtation passives: ils informent puis écoutent et appliqueront la décision du souverain.

 



2. 
Le régime politique anglais au XVIIIe siècle


·        
Parlement et roi : monarchie parlementaire


-     
Le pouvoir est partagé entre le roi et le Parlement

- Le Parlement est composé de deux Chambres ou assemblées:


-  La
Chambre des lords: évêques, noblesse.


-  La
Chambre des communes: députés élus au suffrage censitaire. Le suffrage n'est accordé qu'à ceux suffisamment riche pour payer un impôt ou cens. Ce sont donc des grands propriétaires, banquiers, marchands


- Le droit de s'exprimer et de s'opposer à la politique royale est bien représentée dans ce tableau de la Chambre des Communes par une distribution des rôles:





3. 
Les Etats-Unis: naissance et organisation politique


·        
13 colonies d'Amérique entrent en lutte contre l’Angleterre (1773)




·        
La déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776, signée et proclamée par les représentants de ces 13 colonies,  porte des idées nouvelles :




Ces idées novatrices sont:

-     
Notion de droit : protection immédiate de l’individu, pouvoir d’action donné à l’individu grâce à ces droits, limites.


-     
Responsabilité du gouvernement : faire respecter ces droits


-     
Rôle de la désobéissance au gouvernement s’il n’assume pas ces responsabilités


·        
Les Etats-Unis deviennent indépendants en 1783.


En 1787, les 13 colonies devenues 13 Etats se donnent une  constitution

fédérale qui prévoit une organisation des institutions originale

représentée par cet organigramme:





-     A la base de cette organisation des pouvoirs, il y a une c
onstitution, c'est-à-dire un texte qui fixe clairement et précisément l’organisation de l’Etat et le rôle des institutions qui composent cet Etat.


-     
Les Etats-Unis forment une république. République: régime politique dans lequel le peuple gouverne par l’intermédiaire de ses représentants.


-     
Les 3 pouvoirs sont partagés: voir l'organigramme


-     
Le suffrage n’est pas universel au début : seuls, les propriétaires ont le droit de voter. C’est donc une démocratie inachevée.


 

4.  Les philosophes des Lumières



·        
Voltaire : 1694 – 1778.




-     
Son véritable nom est François Marie Arouet. Son grand-père était marchand de drap. Son père est devenu notaire à Paris. Origine sociale : une bourgeoisie en pleine ascension sociale.


-     
Il fait de riches études et fréquente la noblesse. Il adopte le patronyme de Voltaire pour publier.


-     
En 1726, il subit une humiliation qui le marquera à vie. Le Chevalier de Rohan, descendant d’une des plus anciennes familles du royaume, l’interpelle à la Comédie française: «  Monsieur de Voltaire, Monsieur Arouet, comment vous appelez-vous? ». Sa réplique est cinglante: « Voltaire! Je commence mon nom et vous finissez le votre ». Quelques jours plus tard, on le fait appeler. Dans la rue, il est frappé à coup de gourdin par les domestiques du chevalier qui surveille l’opération de son carrosse. Aucun de ses amis aristocrate ne prend son parti. Il menace de porter plainte et il est enfermé à la Bastille.


-     
Il est libéré à condition de s’exiler: il choisit l’Angleterre.


-     
De son exil en Angleterre, Voltaire publie les Lettres anglaises en 1734 :






-     
Voltaire travaille à l’élaboration de l’Encyclopédie.


-     
Il lutte contre le fanatisme religieux des catholiques et des protestants.


-     
Il s’engage dans des causes qui lui paraissent justes, comme l’affaire Calas

 

·         Montesquieu : 1689 – 1755




-     
Charles Louis de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu.


-     
Magistrat au Parlement de Guyenne en Gironde. Origine sociale = noblesse. Il symbolise l’émergence des idées nouvelles et contestataires dans un groupe sociale privilégié.


-     
Il se moque de la société de son temps dans les Lettres persanes


-     
Il se lance dans une étude politique, L’Esprit des lois, qu’il publie de façon anonyme


-     
Il aide à la réalisation de l’Encyclopédie


-     
Il remet radicalement en question les fondements de la monarchie absolue dans l’Esprit des Lois :




Il propose ici une séparation des 3 pouvoirs, condition absolue pour que le régime politique ne sombre pas dans l'injustice.

Cette idée sera appliquée très vite aux Etats-Unis (voir constitution)

 

·         Diderot : 1713 – 1784




-     
Il naît à Langres d’un père coutelier. Origine sociale : petite bourgeoisie de province.



-     
"Si vous voulez que je croie en Dieu, il faut que vous me le fassiez

toucher."

(Denis Diderot, Lettre sur les aveugles, 1749)

Il exprime ainsi l’émergence de l’athéisme dans la pensée occidentale.


-     
"Elle disait plaisamment de la religion et des lois, que c'était une

paire de béquilles qu'il ne fallait pas ôter à ceux qui avaient les jambes

faibles."

(Denis Diderot, Jacques le fataliste et son maître, 1771)


-     
Il remet, lui aussi, en question les fondements de la monarchie absolue dans un des articles de l’Encyclopédie :


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Samedi 18 avril 2009

 Exercice de cours. 


           
L’eau en Espagne.

 

Questions.

1.      Comment les ressources d’eau sont-elles disposées sur le territoire espagnol ?

2.     Comment comprenez-vous l’expression : « bilan hydrique » utilisée dans la légende ? Expliquez les différents usages de l’eau dont il est question dans la carte.

3.     Ces usages de l’eau en Espagne peuvent-ils provoquer des conflits dans l’utilisation des ressources d’eau ?

4.     Peut-il y avoir des tensions entre l’Espagne et le Portugal à propos de l’eau ?

5.     En quoi la dépêche de l’Agence France Presse permet-elle de modifier une partie du contenu de cette carte ? Qu’est-ce que la question du Plan Hydrologique National révèle-t-elle sur l’état de l’unité de l’Espagne ?

6.     Reprenez l’ensemble des informations des différentes questions ainsi que des deux documents et utilisez vos connaissances pour rédiger une réponse organisée au sujet suivant : la gestion de l’eau en Espagne.

 

 

La carte est en couleur en ligne : hist.geo.seconde.over-blog.com






 

 

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Module.

L’eau et l’homme.

 

         Paysage en milieu fragile.

 

Questions.

  •  
    1. Présentez le paysage.
    2. Comment est-il composé (topographie, activités, habitat) ? Quelles sont les liens entre les différentes unités composant ce paysage ?
    3. Schématisez-le et construisez une légende organisée et synthétique

 

Doc1. Une oasis au centre du Maroc près de Tineghir

 

 

 

 

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Samedi 4 avril 2009

2ème grand changement . Voyages vers de nouveaux mondes: les Grandes découvertes.

 

  1. A partir du XVe siècle, les Européens se lancent dans de grandes expéditions hors du monde connu par eux. La décision de partir à l'aventure s'explique par deux types de causes.

 

  1. Plusieurs motivations se conjuguent.

- A la fin du Moyen-Âge, les échanges commerciaux entre les Européens son freinés par le manque de métal précieux (or et argent). Or des récits fantastiques leur laissent croire en l'existence d'Eldorados (« Pays d'or » en espagnol), aux richesses prodigieuses en Afrique et en Asie.

- Les Européens consomment des produits venus d'Asie comme les épices ou les soieries. Ces produits sont très importants pour les Européens. Les épices, par exemple, sont utilisés pour couvrir le goût rance des viandes mal conservées, pour soigner (maux de tête ou d'estomac) et pour les parfums. On peut payer ses impôts ou acheter des terres avec des sacs de poivre ou de clous de girofle. Les soieries, elles sont destinées à la société noble ou à la bourgeoisie marchande.



- Or ces produits précieux et indispensables, venant d'Asie, sont intégrés dans des réseaux marchands, largement sous contrôle des marchands musulmans. Ceux-ci servent d'intermédiaires obligés entre les producteurs d'épices et de soieries, que sont la Chine ou l'Asie du Sud-Est, et les consommateurs européens. Le monde arabe s'enrichit donc ainsi.

- A ces motivations économiques, s'en ajoute une autre d'ordre religieux: diffuser le christianisme en se rendant dans ces contrées riches d'Asie légitime religieusement ces explorations vers l'Est.

  1. Depuis la fin du Moyen-Âge, les connaissances géographiques des Européens s'enrichissent, principalement grâce aux contacts qu'ils ont avec les Arabes, marchands et savants.

- Sous l'influence de l'Eglise, le travail principal des savants européens avait été de confirmer ce que les livres saints affirmaient sur la Terre: elle est au centre de l'univers créé par Dieu, avec au-dessus d'elle les étoiles; la lune et le soleil (Voir la Genèse dans la Bible qui raconte la création du monde par Dieu en 7 jours). Elle est soutenue dans l'espace par la volonté de Dieu. Elle est plate, entourée d'un océan infranchissable, avec le paradis perdu placé à l'Est.



- Mais, d'autres idées circulent vers la fin du Moyen-Âge parmi les savants européens, qui viennent du savoir des Grecs de l'Antiquité et des Arabes.

- Les Arabes, par exemple, sont voyageurs, ils traversent l'océan indien, ils sont aussi en contact avec des civilisations nombreuses: les civilisations de l'Inde, de la Chine, de l'Europe et ils ont traduit en arabe les oeuvres des mathématiciens grecs. Ils parviennent ainsi à synthétiser les connaissances de toutes ces civilisations et à les adapter à leurs besoins immédiats: traverser l'océan Indien pour commercer avec les îles d'Indonésie demande des connaissances astronomiques et cartographiques importantes. Ils utilisent la boussole et l’astrolabe qui leur permet de s’orienter et de calculer la position de leur bateau sur l’océan.





- Ce savoir entre peu à peu dans le monde des intellectuels européens, et en particulier, l'idée de la probable sphéricité de la Terre. Le projet de Christophe Colomb de joindre l'Asie, riche en or, en épices et en soieries, en traversant l'océan atlantique à partir de l'Espagne, repose tout entier sur cette hypothèse. Les explorateurs portugais, eux, partis plus tôt, contourneront l'Afrique vers l'Asie.

  1. Les Européens sont au début du XVè siècle motivés et riches de connaissances : ils peuvent donc tenter l’aventure. Les conséquences des Grandes Découvertes seront très importantes.

-         Les Portugais découvrent les côtes africaines et vers la fin du XVè siècle, Vasco de Gama double le cap de Bonne-Espérance et file vers l’Inde. Les Portugais parviendront bientôt en Malaisie où se vendent les épices.

-         Christophe Colomb, au nom du roi d’Espagne, tente la route de l’Asie par l’ouest. En 1492, il parvient aux Bahamas puis à Cuba et à Saint Domingue. Après 3 voyages, il reste persuadé d’avoir atteint l’Asie. C’est le Florentin, Amerigo Vespucci qui, en longeant les côtes d’Amérique du sud, affirme que c’est un nouveau continent. En 1507, ce « nouveau monde » reçoit le nom d’Amérique.

-         Magellan trouve un passage de l’Atlantique au Pacifique. Il meurt dans les Philippines mais son  lieutenant continue le voyage. La preuve est faite que la terre est ronde.

-         Anglais et Français, en retard, cherchent un passage vers le nord-ouest : Cabot pour l’Angleterre et Jacques Cartier pour la France.

  1. Les conséquences des Grandes découvertes :

-         Elles marquent le début d’une expansion sans précédent de l’Europe. L’or et l’argent arrivent en Espagne et dopent l’économie européenne. L’arrivée de nouveaux produits découverts en Amérique (tomate, maïs, pomme de terre, tabac) stimule l’agriculture.

-         En Amérique, l’Espagne conquiert un vaste empire aux dépens des Aztèques et des Incas. Elle y exploite durement les Amérindiens avant de faire appel à une main d’œuvre d’esclaves qu’elle se procure en Afrique noire.



-
        
L’évangélisation forcée (évangélisation : conversion forcée des Amérindiens au christianisme), s’accompagne du pillage des temples, du travail forcé dans les plantations et les mines. La population indienne est décimée par cette brutalité et les maladies importées par les Européens. 

 

3ème grand changement : l’humanisme est une révolution culturelle.

-         Les humanistes veulent rompre avec le Moyen-âge qu’ils qualifient de « barbare ». « Le monde se ressaisit comme s’il se réveillait d’un long sommeil » écrit Erasme, un humaniste hollandais avec qui Rabelais échangeait des lettres. (Yan Van Eyck aussi était hollandais).

 

-         Les humanistes se tournent vers les civilisations non chrétiennes comme celles de l’Antiquité gréco-romaine. Par l’apprentissage des langues anciennes, ils veulent avoir un contact direct et authentique avec ces civilisations. De même avec les livres saints. Le Moyen-âge avait  déformé la connaissance de l’Antiquité et réduit la connaissance des Evangiles et de la bible hébraïque à des versions traduites en latin et réinterprétées.

 

-         L’humanisme exalte la dignité de l’homme, en donne une image optimiste et active. Sa beauté reflète la perfection divine. Les humanistes sont optimistes à l’égard de l’homme : éclairé par le savoir et la foi, ils pensent que l’homme sera attiré par le bien. Ils le pensent aussi perfectible c’est-à-dire capable de se corriger.

-         Le programme d’éducation de Pantagruel traduit cette ambition. Rabelais pense que l’on peut transformer l’homme par la réconciliation d’un savoir universel, théorique et pratique (Pantagruel doit faire de « fréquentes dissections » pour connaître le corps humain) avec une foi en Dieu sincère. Le souvenir du péché originel et la méfiance à l’égard du savoir sont donc, , non pas oubliés, mais réinterprétés dans cette nouvelle façon de penser l’homme qu’est l’humanisme.

 

-         L’humaniste n’a pas pour idéal le moine reclus dans son monastère et qui conserve pour lui seul son savoir. Rabelais a d’ailleurs quitté son monastère pour s’engager dans la société comme médecin. L’humaniste met donc son savoir au service de la société.

-         Les progrès de l’esprit scientifique dans la médecine, dans l’astronomie s’inscrivent dans cette pensée humaniste. Copernic, un autre moine comme l’ont été Rabelais ou Luther, remet en question la thèse d’une terre au centre de l’univers. C’est pourtant une vérité biblique : la  Genèse, qui raconte la création du monde par dieu en sept jours le « prouve ». La prise de risque et l’engagement au service d’une vérité différente de la croyance caractérise beaucoup de ces humanistes.

 

-         Face aux guerres religieuses du XVIe siècle, les humanistes prônent la tolérance.

 

 

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Jeudi 2 avril 2009

          


                        Problème d’histoire.

 

 

La naissance du protestantisme peut-elle être mise en rapport avec le développement de l’humanisme au XVIè siècle ?


 

1.  Pourquoi l’Eglise doit-elle se réformer ?

-         Au sein de l’Eglise, les abus sont dénoncés : richesses excessives des papes, curés absents de leur paroisse et surtout vente des indulgences par la papauté afin de financer la construction de la basilique Saint Pierre à Rome. L’indulgence est une grâce accordée par l’Eglise aux chrétiens en état de péché : elle permet d’abréger leurs souffrances après la mort et d’accéder plus rapidement au paradis, moyennant des dons matériels ou en monnaie.


2.  Comment la rupture s’est-elle opérée ?

-         Le moine Luther décide de rompre avec l’Eglise : le scandale des indulgences est à la source de sa désobéissance et de sa recherche d’une autre voie vers le salut à l’intérieur du christianisme.

-         Il découvre, en lisant l’une des épîtres de Paul que c’est la foi seule qui sauve le croyant et non les pratiques imposées par l’Eglise. Cette doctrine rassurante est appelée « la justification par la foi »

-         En 1517, il rend public ses Quatre-vingt-quinze thèses dont le succès est retentissant. Il attaque le pape, rejette son autorité et la hiérarchie de l’Eglise. En s’opposant à l’Eglise, les partisans de Luther prennent le nom de protestants (du verbe protester).


-
        
Vers 1530, c’est un Français, Jean Calvin qui participe à la diffusion des nouvelles idées religieuses. Chassé du royaume, il s’installe en Suisse et diffuse le protestantisme à partir de Genève.

-         En Angleterre, c’est le roi Henri VIII, qui n’a pas pu obtenir l’annulation de son mariage par le pape, qui décide de rompre avec Rome et créer une forme particulière de protestantisme : l’anglicanisme. Le roi devient le chef de l’église anglicane.



3. 
La rupture devient irréversible.

-         Luther est excommunié, c’est-à-dire condamné à l’enfer mais il est protégé par l’aristocratie du nord de l’Europe qui choisit de se rallier à la nouvelle religion.




-
        
Il diffuse la nouvelle interprétation du message de Jésus par l’intermédiaire de l’imprimerie. Traduire la Bible en langue nationale et la diffuser devient un enjeu important pour le protestantisme car la Bible doit servir de guide au croyant une fois qu’il a rejeté l’autorité du pape et de la hiérarchie ecclésiastique. De même qu’ouvrir des écoles et permettre aux enfants d’apprendre à lire est un des buts importants de Calvin à Genève.
Les humanistes comme l'humaniste Erasme sont favorables à la traduction de la Bible en langue nationale:


-         En revanche, en France, les protestants sont persécutés par le roi catholique : une série de guerres de religion opposent catholiques et protestants de 1562 à 1598. Le massacre de la Saint Barthélémy en est un point fort.


Ces guerres se termineront par l’édit de Nantes signé par le roi Henri IV.

 



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Samedi 21 février 2009

La Renaissance 

Troisième étape dans la construction de l’identité de l’homme occidental, après l’invention de la démocratie et la naissance du christianisme.





L'année 476 marque la fin de l'empire romain d'Occident et le début du Moyen-âge.
L'année 1492 est l'année au cours de laquelle Christophe Colomb débarque dans les Antilles et les Espagnols terminent la Reconquista en s'emparant du dernier bastion musulman d'Espagne: le royaume de Grenade. L'année 1492 symbolise une ère d'expansion et de transformation de l'Europe.
La Renaissance est cette rupture de 2 siècles (XVè et XVIè siècle).

 




Introduction.

Au XVè et XVIè siècle, l’Europe connaît d’importantes transformations. Dans les régions les plus dynamiques et prospères du continent (l’Italie et la Flandre), se propage un vaste courant de renouveau intellectuel et artistique : c’est la Renaissance.

A la base de ce courant, il y a une grande confiance en l’homme et en ses possibilités. Cette façon optimiste de concevoir l’homme est en rupture avec la pensée médiévale.

 

Les transformations seront explorées dans 5 domaines différents : l’art, les inventions et les technologies, les voyages, les intellectuels et les luttes religieuses. Il est demandé aux élèves, sur une fiche de synthèse, de relever les possibles correspondances entre les transformations, l’une rendant possible l’autre.

 

 

Premier domaine transformé à la Renaissance : l’art.

 

1.    Codes et principes de la peinture médiévale.

 

* 1er exemple : la multiplication des pains et des poissons. Mosaïque de la Basilique San Apollinare Nuevo à Ravenne (Italie du nord), vers 530 de notre ère.

 

 

 

L’artiste a voulu représenter un miracle qui se serait produit il y 5 siècles en Palestine. Il s’appuie pour cela sur la lecture des Evangiles : Jésus rassasie cinq mille hommes, Evangile de Luc, 9, dont voici le texte :

 



 

La façon choisie par l’artiste de représenter ce miracle illustre quelques unes des règles qui organisent la représentation en image au Moyen-âge.

 

 

 

1ère règle. L’image sert à éduquer, à rappeler les épisodes de la Bible. Elle est à destination de la masse des gens qui ne savent pas lire le livre sacré. On dit alors que l’image est la Bible des pauvres.

 

La mosaïque enseigne un miracle qui se serait produit il y 5 siècles en Palestine mais elle le fait en créant les conditions pour qu’on y adhère. Elle est faite de cubes de verres et irradie, dans la basilique, une lumière étrange à partir des couleurs profondes et saturées que l’artiste utilise.

 

2ème règle en conséquence. Il faut simplifier la représentation pour la rendre lisible.

 

L’artiste a éliminé les mouvements de foule dont parle l’Evangile de Luc : il ne reste que 4 apôtres et le Christ. Ce qui importe c’est le miracle qui est sur le point d’arriver lorsque Jésus approche ses mains vers les pains et les poissons.

 

3ème règle. L’image doit être un support pour se tourner vers Dieu. Il faut donc éliminer les détails superflus qui peuvent distraire l’attention.

 

 

Pas de paysage mais un fond or.

 

 

4ème règle. L’image n’a pas véritablement vocation à être réaliste : imiter la réalité, c’est chercher à tromper, à illusionner. Les artistes ne cherchent donc pas à se confronter à la réalité telle que nous la voyons.

 

La scène est construite sur une symétrie artificielle. La scène est raide et figée. Les figures sont disposées de face comme dans les dessins d’enfants. Ce n’est pas une maladresse de l’artiste mais la recherche de la simplicité.

 

5ème règle. L’artiste utilise des signes conventionnels que les gens de l’époque comprennent et qu’il faut aujourd’hui décoder.

 

Les pains et les poissons sont apportés à main couverte selon l’usage de ceux qui payent un tribut à leur maître.

Le Christ fait le signe de la bénédiction pour que le miracle se réalise.

Il est stable sur ses pieds, alors que les apôtres ont les pieds de trois-quarts, signe évoquant un déplacement vers Jésus. Il porte une robe de pourpre comme celle des empereurs romains (la mosaïque date du début du Moyen-âge), signe de sa puissance.

Celui-ci ne regarde pas les apôtres mais fixe le fidèle dans la basilique de Ravenne car c’est à lui qu’il destine le miracle.

 

6ème règles. Puisque l’image est un moyen d’éduquer les pauvres, alors les sujets religieux sont donc très nombreux.

 

7ème règle. Etre original pour les artistes du Moyen-âge n’a pas beaucoup de sens. Ce qui a un sens c’est copier des modèles. D’ailleurs les œuvres sont anonymes et les artistes sont considérés comme des artisans.   

 



* 2ème exemple. Enluminure d’un manuscrit du XIIè siècle (vers la fin du Moyen-âge), déposé à la Bibliothèque nationale de France. Il représente la foire annuelle du Lendit à Sain Denis.

 


L’enluminure est une ornementation d’un texte, soit par des ajouts de parties décoratives (lettres ornées), soit, comme ici par une miniature, c’est-à-dire des petites scènes illustrant un texte.

La fonction de cette image n’est donc pas comme l’exemple précédent d’enseigner aux pauvres car la possession de manuscrits est l’apanage des plus riches.

Un manuscrit est un livre écrit à la main par des moines copistes, sur parchemin puis à partir du XIIIè siècle sur papier.

 

L’artiste anonyme n’a pas cherché à être systématiquement réaliste dans sa représentation : les proportions des personnages, des maisons et du cheval au premier plan sont fantaisistes. La place semble se relever vers le fond. Des grands personnages arpentent les rues au dernier plan et s’avancent vers la place. Les visages semblent de cire, sans singularité et sans expressivité. Pas de source de lumière identifiable mais une lumière artificiellement répartie.

L’artiste a, en revanche voulu :

-         traduire l’importance de son commanditaire, l’évêque au centre de son église, remplie d’un personnel religieux nombreux.

-        Et, dans la même image, montrer l’importance de la foire avec la densité des maisons, le nombre des personnages et les différentes activités commerciales.

Les deux scènes sont juxtaposées sans lien réaliste entre elles.

 

 

  • Le contrôle du savoir par l’Eglise et l’image dégradée que l’homme a de lui-même au Moyen-âge n’encouragent pas l’artiste à se remettre en question et à chercher à représenter la vie.

La pensée médiévale est très fortement marquée par le discours chrétien, et principalement par le mythe de la faute originelle (Adam et Eve chassés du paradis terrestre parce qu'ils n'ont pas respecté le seul interdit que Dieu avait ordonné: ne pas manger du fruit de l'arbre situé au milieu du jardin terrestre) et la sanction divine qui s’y attache (la mort pour l'homme et la femme, le travail et la souffrance dans l'enfantement). Toute l'humanité porte le poids de cette faute. Le sentiment de culpabilité est donc au centre de la conception que l'homme a de lui-même tant qu'il reste historiquement soumis à l'Eglise du Moyen-âge.


 
La tentation de connaître ce qui est défendu de connaître (le fruit de l’arbre situé au milieu du jardin terrestre)  ouvre sur l’idée que le savoir peut être dangereux : il doit être contrôlé par l’Eglise et limité s’il remet en question l’ordre des choses voulu par Dieu.

L’homme s’en sort avec une image dégradée de lui-même qu’il doit racheter le mieux possible avec beaucoup de bonnes actions et de regrets.

La méfiance envers un savoir nouveau, le sentiment de culpabilité et le détournement de l’attention de l’homme vers Dieu : tout cela ne favorise pas le développement d’une peinture soucieuse de percer les secrets d’une représentation curieuse et fidèle du monde et de l’homme.  

Il faudra que l’Européen prenne une certaine autonomie face à la religion chrétienne pour peindre autrement : il faut qu’il considère l’homme comme digne d’intérêt pour rechercher les moyens de le peindre avec réalisme.

 Percer les secrets d’une représentation du réel et trouver les moyens de savoir représenter la vie en image suppose une audace que seule, la Renaissance va rendre possible.

 

 

2.    La peinture à la Renaissance repose sur une image optimiste de l’homme.

 

  • Exemple 1.La Vierge au chancelier Rolin, de Jan Van Eyck, 1435, huile sur bois, 66 sur 62 cm, Louvre, Paris.


  • Commentaire.

  • Aux élèves de S1, il est demandé de répondre à deux questions :
    1. Comment est rendu le réalisme des personnages à travers les corps, les matières et l’expressivité ?
    2. Comment le peintre parvient-il à donner l’illusion de la 3ème dimension ?

     Voici des agrandissements de certaines parties du tableau commentés en cours.

 La prière des matines pour la création du monde brodée au bas du manteau de la Vierge. Des perles qui reflètent la source de lumière placée par devant et à droite des personnages. 


Rolin ne regarde pas vraiment la Vierge et l'enfant: il a comme une vision intérieure.


Le jardin intérieur, placé entre la loggia et le paysage. Le symbolisme des oiseaux, des fleurs (le lys blanc, symbole de la virginité de Marie, la pivoine rouge venue d'Orient, là où est le paradis terrestre) ou des petits lapins écrasés par la colonne, donne à l'image une profondeur qui s'ajoute à celle de la couleur et des formes.
La possibilité d'un autoportrait du peintre dans le personnage de droite au bonnet rouge. Le tableau a été signé par le peintre sur son cadre, aujourd'hui disparu.


Une lumière douce du matin: la lumière du soleil vient de la droite.




Un pont comme une alliance entre les deux rives


Une rive gauche avec une seule église mais beaucoup d'ateliers et les vignobles de Bourgogne


Une rive droite aux très nombreuses églises.



                                         Classe de seconde 1

Exemples 2. Comparaison entre deux œuvres : l’une datant de 1280, La Vierge et l’enfant de Cimabue, l’autre datant de 1506, La Madone du Belvédère de Raphaël



  








Questions.

Document 1 : la Vierge et l’Enfant en majesté par Cimabue.

Cimabue est un peintre qui est né à Florence en 1240 et y est mort en 1302. L’Italie est, avec les Flandres (où est originaire Jan Van Eyck) un des deux centres de développement de la Renaissance artistique. L’œuvre, présentée ici, devait orner le chœur d’une église de la ville de Pise près de Florence. C’est une peinture à huile sur bois. La ligne d’emboitement des planches est visible dans les auréoles des anges.

  •  
    1. Présentez le document (nature, auteur, date, contexte, scène représentée, dimensions et lieu d’exposition)
    2. Quelles sont les lignes de force du tableau ?
    3. Est-ce une peinture que l’on peut qualifier de réaliste ? (effet de profondeur, rendu des corps et des matières, personnages, expressivité, regards, source de lumière).
    4. Comparez la maîtrise du peintre avec les œuvres vues en cours.

 








Document 2 : la Madone du Belvédère par Raphaël

Raphaël Sanzo est né à Urbino, en Italie, en 1483. Il travailla à Florence puis à Rome pour le compte des papes et mourut dans cette ville en 1520. Il s’agit d’un des peintres les plus importants de la Renaissance. La Vierge, Jésus et saint Jean Baptiste enfants sont les trois personnages de ce tableau. Cette œuvre n’a pas de commanditaire connu mais il pourrait s’agir d’une des familles riches de Florence.

  1. Présentez le document
  2. Quelles sont les lignes de force du tableau ?
  3. Comment le peintre a-t-il choisi de représenter ces créatures divines  (matières, corps, expressions, lumière)?
  4. Comment l’effet de profondeur est-il rendu ?

 

En conclusion  comparez les documents 1 et 2, utilisez le cours, et faites apparaître  les principales transformations de la représentation artistique à la Renaissance

 

Il est possible que vous ayez besoin d’aide dans cette analyse : je vous laisse l’adresse mail qui est utilisée par mes élèves de terminale: France_jl@yahoo.fr

 





 

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Mercredi 21 janvier 2009
                            Photographier la faim.      

Objectif du module.


                 Mise à distance critique d'un type de photographies


                                  Travail proposé aux élèves:

1ère étape: les élèves sont libres de s'exprimer par écrit à propos de trois photographies. Ils ne connaissent pas encore l'objectif du module.

2ème étape: il leur est demandé de prendre une distance critique. Aide sur la notion d'esprit critique. Puis arrivée sur cette question: a-t-on le droit de photographier des personnes qui ont faim? 

3ème étape: mise en commun des réponses. 

4ème étape: travail sur la notion de stéréotypes associée pour eux à la notion de préjugés. D'où la question: quels stéréotypes sont présents dans ces trois documents?  De quelles manières?  

Doc 1.





Kevin Carter a pris cette photo au Soudan, en février 1993, en pleine guerre civile. C'est près d'un camp de l'ONU qu'il vit cette fillette en train de ramper. Il prit quelques photos et chassa le vautour. En 1994, le New York Times publia cette photo pour tenter d'alerter le public occidental plutôt indifférent au sort de ce pays.




Doc 2


Doc3.








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Mardi 20 janvier 2009

2ème thème : nourrir les hommes.

 

 

Des chiffres : 3 milliards d’hommes disposent de moins de 2 euros par jour : ils sont pauvres et vulnérables. Parmi eux, 2 milliards souffrent de malnutrition, c’est-à-dire que la ration alimentaire dont ils disposent n’est pas équilibrée et comprend des insuffisances en micronutriments : fer, iode, vitamine A ou C…. 923 millions souffrent en 2007 de la faim presque tous les jours : ils sont sous alimentés, c’est-à-dire que leur ration alimentaire est quantitativement insuffisante et entraîne des carences nutritionnelles. Chaque année, la faim tue 9 millions d’humains.

En 2002, une organisation humanitaire avait tenté de rendre compte de l’importance de la faim dans le monde  par un autre chiffre, ceci afin de sensibiliser l’opinion internationale : 24.000 personnes meurent de faim chaque jour dans le monde, soit une toutes  les quatre secondes.

  

Le 18 mars 2008, à l’occasion du Forum : quelle agriculture pour quelle alimentation ?, Jean Ziegler, qui fut rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation du Conseil des Droits de l’homme de l’ONU de 2000 à 2008, donne d’autres chiffres qui valent comme des accusations:

 

 

Toutes les 5 secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim ou des suites immédiates de la sous alimentation. Plus de 6 millions en sont morts en 2007. Toutes les 4 minutes, quelqu’un perd la vue à cause du manque de vitamines A. Il ajoute que ce massacre quotidien par la faim n’obéit à aucune fatalité. Il y a des responsables et des assassins. Derrière chaque victime, dit-il, il y a un assassin. Il constate qu’au stade actuel de développement, notre planète pourrait nourrir en céréales, sans problème, 12 milliards d’êtres humains, soit le double d’aujourd’hui. C’est l’organisation de notre monde qui est meurtrière car elle produit et reproduit la faim.

 

 

 

Comprendre ce qui se passe avec la faim dans le monde est donc pour nous, à l’école, une priorité. En tirer les conséquences pour adopter un comportement responsable face à ce problème est aussi essentiel.

 

 

Problématique : pourquoi la faim dans le monde ? Pourquoi l’agriculture mondiale n’est-elle pas capable de relever totalement le défi du nombre d’habitants à nourrir et d’assurer la sécurité alimentaire de tous ?

 

 

Qu’est-ce que la faim ?

 

 

 

- La famine est la privation de nourriture. C’est la forme de la faim la plus grave. Elle conduit à la mort en quelques semaines. Le FAO (Agence des Nations Unies pour la nourriture et l’alimentation) surveille la situation alimentaire des pays et intervient en urgence avec une aide humanitaire massive.

- La sous alimentation : la plupart des gens qui souffrent de la faim ne sont pas sur le point de mourir. Ils sont sous-alimentés, ils souffrent de la faim chronique car ils ne mangent pas assez pour obtenir de l’énergie dont ils ont besoin. Ils ont donc une ration calorique quantitativement insuffisante. C’est le cas de Mumba, dans le texte ci-dessus : à la saison des pluies, il saute un repas et même le petit déjeuner. Chaque jour, des millions de gens comme Mumba consomment le strict minimum.

- La malnutrition : c’est la faim cachée. C’est un autre type de faim. Des millions de gens survivent en mangeant quasiment la même chose tous les jours, comme Memba, dans une certaine mesure, en saison sèche. Ils souffrent donc de carences en vitamines et minéraux. La malnutrition concerne donc un déséquilibre de la ration journalière. Entre 100 à 140 millions d’enfants ont des carences en vitamine A. Plus de 2 millions d’entre eux ont des problèmes de vue pouvant aller jusqu’à la cécité.

 

Les effets de la faim sur les personnes.

  

 

 

La vulnérabilité physique et psychologique est fondamentale : elle se traduit par cette non résistance aux maladies, par des dysfonctionnements du développement aussi bien que par la sensation écrasante de fatigue.

   Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, décrit d’autres effets de la sous-alimentation comme la honte :

« [...] les plus terribles des souffrances provoquées par la sous-alimentation sont l'angoisse et l'humiliation. L'affamé mène un combat désespéré et permanent pour sa dignité. Oui, la faim provoque la honte. Le père ne parvient pas à nourrir sa famille. La mère reste les mains vides devant l'enfant affamé qui pleure. Nuit après nuit, jour après jour, la faim diminue les forces de résistance de l'adulte. » Jean Ziegler, L’empire de la honte, 2005.

 Il cite également une étude de la sociologue Maria do Carmo Soares de Freitas à l'université de Bahia au Brésil, menée afin de comprendre comment les affamés d'un quartier pauvre de Salvador vivent leur situation. Leurs paroles sont incluses dans le rapport Os textos dos Famintos:

 

 « La faim vient de l'extérieur du corps. »

« La chose frappe à ma porte. » (la chose désigne la faim, et l'extérioriser est un moyen de défense).

« Je me sens persécuté, soit par la police, soit par la faim. » («  les mots « persécuté par la faim » reviennent dans presque toutes les réponses », d'après Ziegler).

« La nuit, quand les enfants pleurent et que la violence se déchaîne, se produisent des insomnies et des visions. » (les hallucinations nocturnes sont fréquemment rapportées, sous formes de rêves d'orgies alimentaires et de tables couvertes de nourriture).

« J'ai besoin de vaincre ma honte de fouiller dans les détritus, parce que voler serait pire. »

 

 

Problématique du cours : pourquoi l’agriculture mondiale n’est-elle pas capable de relever totalement le défi de nourrir tous les hommes et d’assurer ainsi la sécurité alimentaire pour tous ?

1. La faim dans le monde. L’analyse est à échelle planétaire.

 

 

1. Une géographie de la faim.

 

 

 

La carte a été réalisée à partir des données recueillies par la FAO pour l’année 2006 : Food and Agriculture Organization ou Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

 

Observations

 

  • la grande majorité de la population sous-alimentée du monde vit dans des pays en développement
  • Les plus grandes concentrations de populations sous-alimentées sont en Asie, principalement de l’Est et du Sud. 2 pays dominent : la Chine avec 123 millions et l’Inde avec 231 millions d’êtres humains sous-alimentés
  • Les chiffres sont nettement inférieurs pour l’Afrique subsaharienne ou Afrique noire. Mais c’est pourtant là que la proportion de personnes qui souffrent de la faim par rapport à la population est la plus élevée : une personne sur trois souffre de faim chronique. Certaines régions d’Afrique subsaharienne sont beaucoup plus touchées que d’autres : l’Afrique orientale et centrale.
  • La sous-alimentation concerne également une partie des populations des pays développés mais c’est surtout la malnutrition qui est importante : 10% de la population en Europe et aux Etats-Unis, touchée par les bas salaires et le chômage, souffre de carences alimentaires. Certains produits, comme les produits frais,  sont trop coûteux. Les distributions de repas gratuits se multiplient et ne sont pas réservés aux SDF.

 

 

 

      2. Comment d’expliquer la faim dans le monde?

 

Une chose est certaine : la faim est le produit de la pauvreté. La pauvreté rend les personnes vulnérables.  Mais la pauvreté est-elle le seul facteur pouvant expliquer la faim dans le monde? Beaucoup de gens pensent que la faim est liée à la "surpopulation". Qu'en est-il?

              

L'explosion sans précédent de la population humaine depuis le début du XXè siècle: peut-elle expliquer le problème de la faim?


A. Explication de l'explosion démographique sans précédent du XXè et du XXIè siècle.

* Pendant des millénaires, l’augmentation de la population humaine a été très lente :
la natalité était élevée mais la mortalité restait forte et l’accroissement naturel (c’est-à-dire la différence entre le taux de natalité et le taux de mortalité) demeurait faible.



* Puis, à partir du XIXè siècle, avec la révolution industrielle, mais surtout au XXè siècle, avec les progrès de la médecine et le développement économique, la population humaine est entrée dans une croissance exponentielle. Elle a plus que doublé entre 1950 et 2000.

La courbe ci-dessous exprime bien l’aspect extraordinaire de l’évolution récente de la population humaine.

 

 

 

 

  1.  
    • La cause principale de cette croissance exponentielle est bien sur la baisse de la mortalité mais celle-ci n’agit pas seule. Tous les Etats de la planète ont été engagés ou sont engagés dans une évolution semblable. Tous passent d’une phase dans laquelle les taux de mortalité et de natalité sont très élevés et l’accroissement naturel demeure faible, à une phase au cours de laquelle le taux de mortalité diminue assez rapidement alors que le taux de natalité reste à un haut niveau assez longtemps pour, finalement, diminuer lui aussi progressivement. Cette phase porte le nom de transition démographique et est caractérisée par un accroissement naturel très élevé. La baisse de la mortalité est alors liée aux innovations dans les domaines de la médecine (vaccination) et de l’économie (productivité en hausse) et dans la diffusion des effets de ces innovations dans les sociétés. Au cours de cette phase de transition démographique, le nombre de naissances lui aussi diminuera et avec lui, l’accroissement naturel. La dernière phase est caractérisée par un taux de natalité devenu très faible et un taux de mortalité lui aussi assez faible. L’accroissement naturel devient alors faible, nul ou même négatif.
    • Cette évolution, qui semble caractériser tous les Etats, est représentée par représentation schématique : la phase orange est la transition démographique, c’est-à-dire la phase intermédiaire entre un régime démographique ancien et un régime démographique moderne.                                             

  

  • Cette évolution divergente puis convergente des taux de natalité et de mortalité explique l’explosion démographique sans précédent du XXè et du début du XXIè siècle. Elle rend aussi prévisible le ralentissement de plus en plus net de cette croissance entre le milieu du siècle et le début du XXIIè siècle, comme le montre ce graphique :

                         

  • Mais toutes les régions du monde n’ont pas suivi la même évolution en même temps : les régions ayant connu les révolutions industrielles en premier sont actuellement les plus développées et sont toutes sorties de la transition démographique depuis longtemps. Leur croissance démographique est très faible. D’autres régions sont en cours de transition démographique et l’accroissement naturel y est donc très important.

 

- Le document comparatif ci-dessous permet d’observer, malgré les déformations, une évolution identique dans le principe entre le Danemark et la Chine, conforme au modèle précédent de la transition démographique. Mais cette évolution identique ne se fait pas simultanément dans les deux pays qui connaissent des histoires différentes et le déroulement des phases ne se fait pas avec la même vitesse. D’où les déformations formelles.


 B.  Quels liens peut-il y avoir entre pauvreté, forte croissance démographique et sous alimentation? 3 réponses possibles.

-
        
La carte ci-dessous dresse l’état des lieux en classant les pays selon leur degré d’avancement dans le modèle d’évolution démographique. Elle permet de lier pauvreté / croissance de la population  /  Faim.

 

 

 

 

1. Il en ressort que l’Afrique est, mise à part l’Afrique du Sud, en pleine explosion démographique. On a vu également plus haut que, en proportion de la population, le nombre de sous-alimentés est le plus élevé en Afrique subsaharienne que dans le reste du monde. De là à conclure que l’explosion démographique est une cause censée de la sous-alimentation de ce continent, il y a un pas facile à faire mais qui a le désavantage de rater sa cible. Cette population jeune pourrait être une vraie force dans un autre contexte de développement. Le facteur déterminant de la sous alimentation n’est donc pas tant l’explosion démographique que les inégalités de développement qui casse l’avenir de ces populations.

 

2. Autre preuve que le problème des causes de la sous-alimentation est à rechercher plutôt du côté des différences de développement :

Le texte qui suit est de Jean Ziegler :

 


 

De ce texte, on peut retirer 2 idées.

- La première (1er paragraphe) est que la sous alimentation n’est pas une question de nombre d’humains en trop mais un problème de répartition de l’alimentation mondiale, ce qui suppose que les intérêts commerciaux qui président au commerce des biens alimentaires ne soient pas liés au profit des entreprises mais gérés au nom d’un droit de tous à manger parce que c’est justice et que c’est une question de vie ou de mort.

- La seconde idée porte sur l’idéologie qui permet à certains, dans les pays développés, de donner un sens à la sous-alimentation en Afrique: trop d’hommes dans un environnement fragile crée des famines mortelles qui rétablissent par à-coups un certain équilibre. Conséquence : la sous-alimentation est « logique » et surtout, elle n’a rien à voir avec les inégalités de développement. Ce raisonnement a donc l’avantage d’être facilement utilisable et d’arranger ceux qui n’ont pas envie de remettre en question l’ordre du monde.

3. Exemple d'un pays d'Afrique subsaharienne: la Guinée équatoriale.

 

 

 

 

 

  • La Guinée équatoriale est le 4è producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne après le Nigéria, le Soudan et l’Angola. Depuis une dizaine d’années, la croissance économique du pays est très forte (plus de 11%) et le pays attire les investissements étrangers.
  • Le PIB par habitant varie selon les sources mais compte parmi les plus élevés au monde. Voici le classement des pays en fonction de leur PIB par habitant établi en 2007 :

    1. Luxembourg
    2. Qatar
    3. Norvège
    4. Koweït
    5. Emirats Arabes Unis
    6. Singapour
    7. Etats-Unis
    8. Irlande
    9. Guinée Equatoriale
    10. Hong Kong
    11. Suisse
    12. Islande
    13. Autriche
    14. Andorre
    15. Pays-Bas
    16. Canada
    17. Australie
    18. Danemark
    19. Suède
    20. Belgique
    21. Finlande
    22. Royaume-Uni
    23. Bahreïn
    24. Allemagne
    25. San Marin
    26. France
    27. Japon

 

 

  1.  
    • Population de la Guinée équatoriale : 500 000 habitants. La part des 0-14 ans : 42,56% ; celle des 15-64 ans : 53,68% ; les plus de 65 ans : 3,76%. En France, les plus de 65 ans représentent plus de 16% de la population.

 

·   Indicateurs

·         Guinée équatoriale

·                     France

·   Espérance de vie des hommes

·                           52 ans

·                           77 ans

·   Espérance de vie des femmes

·                           56 ans

·                           84 ans

·   Taux de croissance de la population

·                           2,46%

·                           0,35%

·   Taux de natalité

·                           37,7‰

·                           13,1‰

·   Taux de mortalité

·                           13,11‰

·                           8,7‰

·   Taux de fécondité

·                           4,9 enf/femme

·                           2 enf/femme

·   Indice de développement humain (IDH)

·                           115è rang sur 177 pays classés

·                           11è rang avec 0.955

·   Taux d’alphabétisation

·   Taux d’entrée dans le secondaire

·                           87%

·                           38% pour les hommes

·                           22% pour les femmes

·                           99%

·   Taux de mortalité infantile en 1990

103 pour mille naissances

 

·   Taux de mortalité infantile en 2006

124 pour mille naissances

3,6 pour mille naissances

 

 

 

 

          * Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (ou Unicef, United Nations Children's Emergency Fund en anglais) est une agence des Nations unies (ONU) consacrée à l'amélioration et à la promotion de la condition des enfants.

 

 

Selon les statistiques de l’UNICEF à propos de la Guinée équatoriale.

% de nouveau-nés présentant une insuffisance pondérale à la naissance 1999-2006*

13

% d'enfants de moins de 5 ans (2000-2006)* souffrant de retard de croissance, grave

39

% de ménages consommant du sel iodé, 2000-2006*

33

% de la population utilisant des sources d'eau potable améliorées, 2004, totale

43

% de la population ayant accès à des installations d'assainissement adéquates, 2004, totale

53

 

 

 

 

  • Guinée équatoriale. Téléphones portables : 20 000 (en 2004)
    Postes de radio : 180 000 (en 1997)
    Postes de télévision : 4 000 (en 1997)
    Utilisateurs d'Internet : 8000 (en 2006)
    Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 1 (en 2000)
    Routes : 2 880 km (0 km goudronnés) (en 2000)
    Voies ferrées : 0 km
    Voies navigables : 0 km
    Nombre d'aéroports : 5 (les 5 avec des pistes goudronnées) (en 2007).

 

Analyse issue de ses statistiques :

-         la Guinée équatoriale est dans la transition démographique. Sa croissance démographique est forte : la population jeune : 42% de la population a moins de 14 ans (en France les moins de 20 représentent 24% de la population) et le taux de fécondité reste encore élevé. 

-         La Guinée équatoriale est en croissance économique depuis plus de 10 ans et l’enrichissement du pays est révélé par le niveau du PIB par habitants (9è rang mondial)

-         Mais les bénéfices de cette croissance ne sont pas redistribués pour satisfaire les besoins essentiels de la population : éducation, santé.

-         La sous alimentation et la malnutrition, visibles grâce aux statistiques de l’UNICEF, ne sont pas dues à tout simplement à la croissance démographique mais fondamentalement, à l’organisation de ce pays.

 


Voici quelques détails de l’organisation politique du pays :

* La Guinée équatoriale est une république dont le président est élu au suffrage universel. Le président Obiang dirige ce pays depuis 1979. Il a été réélu avec en 1996 avec 97% des voix puis en 2002, avec toujours 97% des suffrages. Son parti contrôle réellement le parlement. Le président nomme lui-même les juges de la Cour suprême. Les rares opposants pacifiques sont pourchassés et condamnés. La corruption est à tous les niveaux. Le népotisme également : le président distribue des faveurs et des emplois de prestige aux membres de sa famille et de son ethnie. Son fils aîné est désigné comme successeur. La France aide et soutient ce régime.



Rencontre entre Théodoro Obiang, président de la République de Guinée équatoriale et son homologue, Jacques Chirac, à l'Elysée.





 

Conclusion : le problème de la faim est, ici, loin de dépendre d’une augmentation trop rapide de la population. En revanche, l’existence de revenus pétroliers importants géré par un régime vraiment démocratique, dans lequel le président aurait des pouvoirs limités, permettraient réellement à l’Etat de s’enrichir et de promouvoir une politique de développement dans l’éducation et la santé. Alors, le problème des 39% d’enfants souffrant de retards de croissance graves (statistiques de l’UNICEF) ne se poserait plus.

 

 

 

 

 

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Mercredi 10 décembre 2008
2ème partie. Dans quel contexte est né le christianisme ? Comment le christianisme finit par se détacher du judaïsme?


Le problème central de cette deuxième partie est : Jésus est né juif, s’est comporté en juif et est mort en juif. En 33, au moment de sa mort, il reste un petit groupe de fidèles de Jésus qui sont juifs. Le christianisme comme nouvelle religion n’est pas encore né. Il faut attendre 40 ans après pour que ce qui n’était d’une variante du judaïsme devienne une nouvelle religion. Dans quel contexte le message de Jésus a-t-il été séparé du judaïsme au cours du 1er siècle de notre ère ?


1. 
La Palestine au temps de Jésus.


·                    
Jésus naît en Palestine au sein d’un judaïsme en pleine inquiétude


·                    
Les causes de cette inquiétude des juifs sont nombreuses


-        
une inquiétude politique : cela fait longtemps que le royaume juif a été détruit (entre le VIIIè et le VIè siècle avant notre ère). Une partie du peuple juif est restée en Palestine, une autre partie s’est dispersée sur les bords de la Méditerranée. On appelle diaspora la dispersion d'un peuple lué par une culture.  Mais les juifs continuent de rêver à ce royaume perdu et espèrent la venue d’un Messie, envoyé de Dieu, pour retrouver leur indépendance. La Bible hébraïque a été rédigée entre le VIIIè et le IIè siècle avant notre ère, c’est-à-dire au moment où l’indépendance politique et l'identité religieuse et culturelle des juifs est menacée par les empires voisins.


-        
Les Romains prennent le contrôle de la Palestine en 63 avant notre ère.

La Palestine est gérée directement par l'administration romaine dans les Provinces du nord (en brun sur la carte) mais indirectement dans la partie sud, c'est-à-dire que là les Romains laissent aux juifs une autonomie.Par exemple, ils laissent en place des structures politiques et judiciaires juives. La Palestine est très loin de Rome (voir sur la carte: 3 semaines de navigation). Elle est une part minuscule de cet immense empire mais située en un lieu stratégique en contact avec l'empire voisin à l'Est.



L’administration romaine est tolérante envers la multitude de peuples composant l’empire de Rome : les Romains respectent en général leurs dieux mais à condition que cette diversité religieuse ne trouble pas l’ordre et ne soit pas un obstacle au culte impérial. Le culte impérial est l’ensemble des rites pratiqués en l’honneur des empereurs romains qui étaient divinisés à leur mort. On appelle apothéose cette divinisation des empereurs de Rome. Le culte impérial permet de maintenir une unité, une cohésion entre tous les peuples, de langues et de cultures différentes, qui composent l’empire.



Or les juifs sont dispensés de cette obligation : cela permet aux Romains d’obtenir le calme dans cette région située aux confins de l’empire. 


-        
Mais les Romains ne comprennent pas les rites et les interdits juifs et la cohabitation entre Romains et juifs est très difficile. Les juifs obéissent à des interdits qui sont censés les protéger de l’influence néfaste des polythéistes et conserver leur identité originale. Ainsi en est-il des « images » ou représentations des dieux ou des empereurs divinisés. Le partage même d’un repas avec un polythéiste pose problème. Peut-on vivre comme des polythéistes, aller au gymnase et s’entraîner nu selon l’antique mode grecque, ou aller au théâtre au milieu des statues des dieux gréco-romains ? Le texte qui suit montre d'abord le fossé d'incompréhension qui sépare les Romains de la culture juive. Il montre également que les juifs sont prêts à la révolte pour éviter toute offense envers leur dieu: la présence d'une image, c'est-à-dire de la représentation d'un empereur divinisé à Jérusalem, à deux pas du Temple, lieu sacré du judaïsme, est pour eux insupportable. 

 


-        
L’identité juive est menacée par une acculturation partielle, surtout visible dans les villes comme Jérusalem : une partie de la communauté juive travaillent avec l’administration romaine et est plutôt favorables à la domination romaine et au développement économique qui l’accompagne. La culture gréco-romaine entre peu à peu dans son mode de vie : ces juifs parlent grec comme langue de culture et se métissent. Les juifs de la diaspora, très éloignés de la Palestine, se métissent également.

Le document ci-dessous est une représentation de la ville de Jérusalem: le Temple est à gauche sur l'image, symbole de l'identité religieuse juive sauvegardée malgré la perte du royaume juifs et les nombreux dominateurs qui se sont succédés en Palestine jusqu'aux Romains. Mais deux bâtiments imposants apparaissent au centre: le théätre dans la ville haute (au planrégulier et destinée à l'élite juive et romaine) et le Cirque ou Grand Stade (dont il est question dans le texte précédent) dans la ville basse. Ce sont là deux symboles de l'influence grandissante de la culture gréco-romaine qui viennent contrebalancer l'influence traditionnelle du Temple.






·                    
Cela amène des réactions très vives dans les milieux pieux, c’est-à-dire très croyants. Certains groupes juifs préfèrent se couper de la ville et vivre dans le désert. D’autres sont aux bords de la révolte. Il y a une agitation permanente. Des faiseurs de miracle parcourent la Palestine. Certains annoncent la venue d’un Messie, d’un nouveau « Roi des juifs » et la fin de l’empire romain. C’est dans ce contexte qu’apparaît Jésus.  

 

2.    Jésus : un personnage historique.

 

Les sources chrétiennes.

·                     Jésus n’a pas laissé de textes. Environ 40 ans après sa mort, ses disciples (c’est-à-dire ceux qui ont suivi son enseignement) ont entrepris de mettre par écrit son message. Ils voulaient assurer, au moyen de textes, la conservation et la transmission de cet enseignement.

·                     Il n’existe donc aucun écrit chrétien contemporain de Jésus.

·                     Les Evangiles : ce terme signifie en  grec « bonne nouvelle ». Il désigne les quatre livres où les disciples ont consigné les actes et les paroles de Jésus. Le premier Evangile chronologiquement est celui de Marc vers 70 de notre ère ; les seconds sont de Matthieu et de Luc vers 80 ; le quatrième est celui de Jean vers 95-100.




Ces quatre évangélistes sont souvent symbolisés dans la peinture religieuse occidentale de cette manière:


·                     
Autre source chrétienne: un ensemble de lettres écrites par les apôtres constitue les Actes des Apôtres. Un apôtre est « un envoyé au loin ». Les apôtres vont structurer, expliquer, interpréter, diffuser le message de Jésus entre les différentes communautés de fidèles. Les plus importants sont Paul, Jacques et Pierre. Ces lettres sont appelées Epîtres. Les Epîtres de Paul datent de 50 de notre ère.

·                     Avec ces textes, Evangiles et Epîtres, l’historien se trouve face à une source chrétienne : ces textes sont des apologies, c’est-à-dire qu’ils défendent ici un personnage et ses idées. Ils sont écrits en grec, une langue de culture et de communication utlisée dans tout l’empire.


Les sources non chrétiennes.

·                     L’existence de Jésus est attestée par des sources non chrétiennes dont la plus importante est l’étude de Flavius Josèphe. Il vécut de 37 à 93. C’est un historien juif ayant acquis la citoyenneté romaine. Il écrivit plusieurs ouvrages retraçant l’histoire des juifs. Voici le court passage qu’il réserve à Jésus :



Flavius considère donc que Jésus était un magicien, dont le charisme (le pouvoir d'attirer les foules) était important. Probablement, selon Flavius, représentait-il un danger potentiel pour l'ordre romain. Mais il ajoute ("lorsque sur la dénonciation de nos premiers citoyens") que ce sont les autorités juives (rabbins, juges) qui ont provoqué la comparution de Jésus devant un juge romain, Ponce Pilate.  Cet historien juif a recueilli ses témoignages de ces concitoyens.

·                     D’autres auteurs latins ont fait de courtes mentions sur Jésus : Suétone et Tacite qui le qualifient d’agitateur juif qui fut exécuté par Ponce Pilate, représentant de l’empereur en Palestine. D’une manière générale, les historiens romains ignorent Jésus : pour eux, la Palestine est une province lointaine (à 3 semaines de Rome en bateau), agitée et difficile à gouverner.

 

En conclusion, la connaissance historique de Jésus est difficile : on ne peut dire grand-chose de lui. On sait qu’il est né sous le règne de l’empereur Auguste et que le gouverneur Ponce Plate était en poste en Judée, province de Palestine entre 26 et 36 de notre ère. Le reste est inconnu.

Lorsqu’on a voulu dater au VIè siècle l’histoire à partir de la naissance de jésus, on a mal calculé les dates par rapport à la chronologie romaine. En réalité Jésus est né quatre à six ans « avant Jésus Christ » et serait mort entre 30 et 33.

 

3.  La rupture entre judaïsme et christianisme.

·                     Si on se réfère aux Evangiles, il semble que Jésus se conduise comme un juif pieux mais sans excès : il respecte l’essentiel des règles juives. Dans certains passages, il semble aller plus loin et dit qu’il est venu pour respecter d’autres règles comme l’amour des autres. Mais d’autres juifs disent aussi que respecter les commandements juifs sans faire la charité n’est pas très cohérent. Cette façon de prendre des libertés avec les règles traditionnelles du judaïsme est bien représentée dans ce passage des Evangiles mis en image dans une fresque:



·                    
En réalité, dans le judaïsme il y a une multitude de jugements et d’interprétations. Qu’il prenne donc ces libertés ne choque personne. Le christianisme aurait donc pu rester une variante du judaïsme. Comment s’est faite la rupture ? Comment cette interprétation du judaïsme a-t-elle pu déboucher sur l’émergence d’une nouvelle religion ?

·                    
La rupture s’est faite en 2 temps.

·                     1er temps de la rupture.

-         Le message de Jésus séduit parmi les juifs. Il annonce la venue du Royaume de dieu et sa volonté s’exercera sans limite. Pour les juifs, c’est l’annonce d’une nouvelle Alliance entre Dieu et eux. Il promet également la résurrection après la mort. Le baptême et la charité deviennent des obligations religieuses.

-         Or, très vite, ce ne sont plus seulement les juifs qui sont attirés mais les polythéistes, que les judéo-chrétiens nomment les païens. Et là commence un débat entre deux responsables du message de Jésus : d’abord Jacques, le vrai frère de Jésus sans doute, véritable chef de la communauté. C’est un juif très pieux, il est gardien de la tradition juive et réserve le message aux Juifs. Face à l’intérêt de païens, il leur dit qu’il faut qu’ils se convertissent au judaïsme et donc respecter les règles juives si difficiles à appliquer pour un Romain, surtout, pour les hommes, la circoncision. La peur de la circoncision est liée à un blocage psychologique : les païens sont attachés à leur intégrité physique et la loi romaine assimile la circoncision à une mutilation physique, qui est punie par cette loi.

-         Jacques vit à Jérusalem mais il y a une autre ville importante où se diffuse le message de Jésus : Antioche. Là vit et travaille un apôtre : Paul. Il attire beaucoup les païens sans demander à ceux-ci de respecter strictement les règles du judaïsme. D’ailleurs un mot nouveau apparaît à Antioche vers 50 : le mot de « chrétien » qui regroupe juifs et païens qui adhèrent au message de Jésus, sans que les païens s’immergent nécessairement dans le judaïsme.


Cette mosaïque du XIIè siècle de la cathédrale de Monreale en Sicile, représente Paul en train de prêcher dans une synagogue: prêcher signifie enseigner un message religieux. Il attire les païens en leur présentant le message de Jésus comme un message universel et non plus simplement juif. Cet extrait d'une de ses Epîtres (lettres) le montre clairement:


-        
Dès lors, la communauté chrétienne semble fonctionner à deux vitesses. Deux positions différentes entre les communautés religieuses d'Antioche en Asie Mineure et de Jérusalem en Palestine.




Le débat est inévitable : il se déroule à Jérusalem et, finalement, on transige : on n’obligera pas les païens à respecter toutes les règles du judaïsme. C’est l’accord de Jérusalem. Les chrétiens d’origine juive appliquent les règles juives mais les chrétiens d’origine païenne, eux, ont droit à une version allégée du judaïsme. L’accord ne paraît pas très cohérent.


·                    
2ème temps de la rupture : il est déterminant.

-         C’est la révolte juive de 66.C’est une révolte contre l’occupation romaine. Elle est très vite matée et le temple de Jérusalem est détruit par le fils de l’empereur de Rome en 70. Les conséquences sont importantes : privés de ce repère, sonnés par la défaite, massacrés et dispersés par les Romains, les juifs sont menacés dans leur identité : il y a un vrai risque de dilution du judaïsme qui est la référence fondamentale de l’unité de cette communauté sans Etat et éparpillée. Sur la sulpture représentée ci-dessous, on voit très bien les soldats romains piller le Temple et emporter à Rome les symboles sacrés du judaïsme comme le chandelier à sept branches ou les Tables de la Loi remises à Moïse par Dieu.


Cette perte des repères et le risque de dilution de la culture juive entraînent une réforme radicale du judaïsme. Les rabbins (spécialistes des lois religieuse) regroupent autour d’eux les juifs, resserrent l’enseignement sur la Bible des juifs (la Torah) et rejettent les non-conformistes, les variantes du judaïsme, c’est-à-dire les chrétiens.


·                    
Les chrétiens prennent ainsi conscience qu’ils sont porteurs d’une religion nouvelle. Les Evangiles rédigés après 70 (Matthieu, Luc et Jean) insistent sur les différences plutôt que sur les points communs entre christianisme et judaïsme.

·                     D’où cette notion nouvelle d’appel à évangéliser (à convertir) les populations non chrétiennes. Une notion capitale dans notre histoire. Or rien ne prouve que jésus ait voulu étendre son enseignement à d’autres qu’aux juifs. La phrase célèbre des Evangiles : « Allez enseigner à toutes les nations » : tous les exégètes (spécialistes des textes bibliques) sont d’accord pour dire que cette phrase n’est pas de Jésus.

·                     D’où aussi l’idée insistante dans les Evangiles que Jésus suit le judaïsme mais en le dépassant.


·                    
Le christianisme comme nouvelle religion est donc né dans un contexte particulier qui l’a profondément marqué. L’Occident et une partie du monde hérite donc des conséquences de ce contexte.

 

Par france - Publié dans : Histoire
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Dimanche 30 novembre 2008

Seconde rupture dans notre histoire occidentale :

 

   La naissance et la diffusion du christianisme

        

         du Ier au IVe siècle.

 

Introduction.

 

  1. Importance d’avoir un enseignement sur les religions au début du XXIè siècle.

·                     En 1993, un intellectuel américain, Samuel P. Huntington, publie un livre dont le titre est Choc des civilisations. La thèse défendue par ce livre est qu’une opposition entre l’Occident chrétien et l’Islam est irréductible et qu’il fallait donc s’attendre à une guerre entre ces deux camps, guerre qu’il faudrait peut être anticiper un jour. Cette thèse connaît un succès mondial, poussée par des médias puissants. Elle séduit par sa simplicité.

·                     Lorsqu’en 2001, le président américain, George W. Bush, lance les Etats-Unis à l’assaut de l’Afghanistan après les attaques du World Trade Center par les islamistes d’El Qaida, il justifie cette guerre par la notion de croisade ou de guerre sainte. Tout se passe comme si Huntington avait raison : c’est bien un choc des civilisations chrétiennes et occidentales contre l’Islam.

·                     2006 : le pape Benoît XVI cite, dans un discours public, des paroles exprimées six siècles plus tôt (au XIVème siècle) par l’empereur chrétien de Constantinople, Manuel II Paléologue, à un savant musulman : «Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, telles que son ordre de répandre par l'épée la foi qu'il prêchait.» Le pape prononça cette citation sans l’approuver ni la condamner, sauf dans la forme trop rude. Elle provoqua l’indignation dans le monde musulman  car elle confortait l’idée d’un Islam qui en serait resté à l’état d’une religion agressive, incapable, contrairement au christianisme, de se moderniser et de favoriser la paix du monde. Huntington semble, de nouveau, avoir raison.

 

Mais Huntington a tort : il n’y a  pas un Islam mais des  Islam liés aux différentes sociétés musulmanes. De même que les chrétiens ont largement utilisé la violence au nom de leur religion à certains moments de l’histoire puis l’ont délaissée à d’autres moments, les musulmans font de même. Les religions sont des phénomènes historiques et, comme tous les phénomènes historiques, elles évoluent et dépendent des sociétés dans lesquelles elles se situent.

 

Il faut donc parler religion en toute laïcité car l’ignorance, les idées fausses, faussement simplifiées, laissent l’élève vulnérable face aux tentatives de manipulation de toutes sortes.

Connaître la religion qui fait partie de la culture de la personne qui vit près de nous est une façon de mieux connaître cette personne.

 

2.    Qu’est-ce qu’une religion ? Comment les religions se présentent ? 

Question adressée aux élèves. Ils utiliseront peut être davantage des notions qui relèvent de l’identité que du divin.

Propositions de réponses car une religion est un ensemble complexe.

·                     Les religions expliquent le monde et l’homme dans le monde.

-         Toutes les religions apportent des réponses aux angoisses des hommes et donnent une explication sur les problèmes de la vie et de la mort, du commencement du monde, du bien de du mal.

-         Elles proposent des croyances structurées : c’est le dogme auquel le fidèle doit croire. Le judaïsme, l’Islam et le christianisme repose sur la croyance en un seul dieu. Ce sont des religions monothéistes.

Exemple avec le judaïsme: le 2ème des 10 commandements de Moïse  « Tu n’auras pas d’autres dieux face à moi »

Exemple avec l’Islam : le Shahada, premier pilier de l’Islam. C’est cette formule à prononcer : « Je témoigne qu'il n'y a pas d'autre dieu qu'Allah et que Muhammad est son messager. »

·                     Le dogme est évolutif :

Exemple : le 2ème commandement a d’abord été interprété par les juifs comme le fait de se consacrer à un dieu mais sans nier l’existence des autres dieux d’autres religions. Ce n’est que beaucoup plus tard que les juifs ont interprété ce commandement comme l’ordre de nier qu’il puisse exister d’autres dieux que YHWH (le tétragramme de 4 consonnes qui rend imprononçable le nom de dieu).

Exemple : le christianisme s’est divisé en plusieurs courants : orthodoxie, catholicisme, protestantisme. L’Islam a fait de même : le sunnisme et le chiisme. Pareillement, le judaïsme est divisé en traditions: ashkénazes, séfarades et judéo-arabes. 

·                     Toute religion se manifeste dans l’espace public à travers un culte, c’est-à-dire des pratiques réalisées par le fidèle et encadrées par des professionnels du culte que l’on nomme clergé.

Exemple avec le clergé catholique qui est très hiérarchisé avec au sommet le pape, entouré d’un conseil de gouvernement, la Curie, à Rome.

Exemple avec les imans et les muftis musulmans

Comme le dogme, le culte varie dans le temps :

Exemple : par exemple les chrétiens jusqu’au xie siècle priaient debout les bras ouverts puis ils se sont agenouillés, les mains jointes.

Exemple : au XXè siècle, on invente les messes en plein air, les messes chantées et dansées.

·                     Les religions encadrent la vie quotidienne des hommes et quadrillent le territoire.

Exemple : la ville musulmane est dominée par ses minarets et la ville chrétienne par ses églises.

Exemple : le son des cloches ou l’appel à la prière du muezzin sont là pour diviser religieusement le temps de la journée.

Exemple : les pèlerinages divisent le temps de vie d’un fidèle. Pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle ou le Hajj qui est le pèlerinage à la Mecque.

Exemple : le baptême, la communion, le mariage, circoncision, mort : la vie est ainsi encadrée, divisée en étapes et en rendez-vous religieux.

Exemple : les interdits et les obligations alimentaires, sexuels, vestimentaires encadrent le mode de vie du fidèle.  La querelle du voile islamique est très moderne. L’Islam voile les femmes mais de manières très différentes selon les régions. D’ailleurs, l’Islam n’est pas la seule religion à voiler les femmes. Ce n’est que très récemment, au XXè siècle et en Occident, que les sociétés ont accepté de ne pas punir moralement ou pénalement les femmes car elles considéraient traditionnellement le fait de dévoiler sa chevelure comme une attitude impudique.

 

Conclusion : les religions sont avant tout le reflet des sociétés qui les portent et les font vivre. La même religion se vit donc différemment d’un lieu à l’autre. Le catholicisme n’est pas le même aux Philippines, au Brésil ou en France, l’islam n’est pas le même en Arabie Saoudite, en Turquie, en Indonésie ou en France. Les obligations ne sont pas suivies de la même manière partout, le fidèle s’octroie des libertés selon la société dans laquelle il vit, et selon sa propre manière de vivre sa religion : combien de jeunes catholiques occidentaux appliquent l’abstinence avant mariage que leur recommande le pape ?

 

1ère partie. Le judaïsme élabore peu à peu une rupture fondamentale qui sera reprise par le christianisme et l’islam : le monothéisme.

 

1.  Dans l’antiquité, le polythéisme est universel.

·                     Les religions du monde méditerranéen sont polythéistes.

·                     Face aux mystères qui les dépassent, les hommes inventent des forces extraordinaires qui permettent de les expliquer. Ils sont ainsi persuadés que l’ordre du monde ne dépend pas d’eux ou des animaux mais de forces mystérieuses.

·                     Ils tentent d’entrer en communication avec elles et, pour cela, ils ont traité chaque force comme un être surhumain, individuel. Ils se sont efforcés d’amadouer ces forces en tentant de les connaître et de leur offrir ce qu’elles pourraient aimer. D’où l’importance des rites (des paroles, des gestes et des offrandes) pour entrer en rapport avec elles.

·                     Exemple : le rite de la naissance en Grèce au cours duquel le nouveau-né est présenté à la déesse protectrice du foyer familial, Hestia. L’enfant est promené autour du feu  au centre de la maison puis posé au sol près du foyer, là où le sol de la maison, propriété du père rejoint le foyer, lieu de présence de la déesse. Cette force divine, censée veiller sur la famille, reçoit donc, et avec tous les égards, la présentation d’un nouveau membre de cette famille.

·                     Il y a donc une très grande proximité entre la vie quotidienne des hommes et la présence des dieux, même si certains rites demandent de passer par des obligations rituelles de purification réservées aux prêtres comme c’est le cas ici :

 

·                     L’idée d’empereurs divinisés vient en conséquence de cette pensée polythéiste : pour ces empereurs, se dire d’essence sacrée, à mi-chemin des hommes et des dieux, leur permet de renforcer leur pouvoir même s’ils endossent des responsabilités comme celle qui conduit le pharaon de l’Egypte ancienne à relancer rituellement la course solaire par une course autour du temple dieu au soleil. Empereur et dieux sont associés pour reproduire les cycles qui animent le cosmos.

 

2.  Le monothéisme juif et ses conséquences

 

 

·                     Le monothéisme n’est pas le passage d’un grand nombre d’éléments (les dieux) à leur somme dans une unité (un dieu). Le monothéisme juif qui finit par s’imposer dans le peuple juif, constitue une rupture fondamentale dans la conception même de la divinité et dans les rapports des hommes à cette divinité. Dans la pensée juive, Dieu est, contrairement au polythéisme, hors du créé, hors du cosmos. Il est donc, non seulement unique, mais inconcevable, au-delà du créé qu’il a généré, infigurable. Sur la sculpture présentée ci-dessus, Dieu n'est pas représenté; il est à l'extérieur du cadre architectural, c'est-à-dire du monde; la main qui surgit du mur n'est pas la sienne mais une main postiche qu'il utilise pour donner à Moïse l'ordre de libérer son peuple des mains du Pharaon et de le mener vers une terre promise.

·                     Il laisse donc l’homme incapable de l’approcher avec une proximité suffisante. De la distance absolue entre homme et dieu découle l’impossibilité pour les hommes de sonder les idées de dieu. Dans le polythéisme, on sait parler et faire ce qu’il faut pour plaire, amadouer les dieux ; ils sont face aux hommes, près d’eux, dans l’ordre du monde. Mais là, dans la pensée monothéiste juive, dieu est imprévisible. Les hommes sont sans certitude sur ses buts. D’où une inquiétude fondamentale. 

·                     Dieu, placé hors du monde, laisse donc l’homme seul propriétaire de la nature qu’il peut utiliser à son profit.

·                     Le rôle de prophète prend un sens : c’est un homme quelconque que dieu charge d’une mission en son nom. Exemple : Moïse accepte de prendre la direction du peuple juif et de le conduire hors d'Egypte. C'est le mythe du buisson ardent représenté dans l'image ci-dessus par un sculpteur. Le miracle d'un buisson qui brûle sans se consummer (dans le coin droit de l'image) attire l'attention du berger Moïse qui est alors interpellé par Dieu et chargé de cette mission.

·                     Ce dieu unique et universel ne se fait connaître que par un seul peuple, le peuple juif. Il passe une alliance avec ce peuple, une alliance donc exclusive. Exemple : il demande à Moïse de conduire le peuple juif hors d’Egypte vers une terre promise. Le mythe de la traversée de la Mer Rouge ou la reception par Moïse de la Table de Loi (les 10 commandements) scandent les rapports entre les juifs et leur dieu.

 

 

 

·                     Les symboles de cette alliance exclusive entre le créateur du monde et un des peuples de la Terre sont la circoncision pour les sujets mâles, le chandelier à sept branches et la kippa qui renvoient tous à la présence invisible de ce dieu et à la fidélité des croyants.

 

 

 

Le temple de Jérusalem est pour les juifs le centre du monde et un lieu de pélerinage pour les juifs de Palestine et  pour ceux qui sont éparpillés tout autour du bassin méditerranéen. La photographie ci-dessous représente le mur des Lamentations,qui est tout ce qui subsiste de ce temple. En 70 après J.-C. les Romains le détruisirent.  

 

 

·                     Les empereurs divinisés ne sont donc plus acceptables par les juifs. Or les Romains soumettent la Palestine en 63 avant J.-C. et tous les sujets de l’empire doivent participer au culte de l’empereur.

 

 

·                     La Bible hébraïque est le livre sacré des juifs. Ce sont des récits oraux qui furent mis par écrits par des scribes juifs sur une très longue période, entre le Xè/IXè siècle et le Ier siècle avant J.-C. Dans la première partie de cette bible, la Torah, on peut distinguer la Genèse qui pose les vérités bibliques sur la création du monde, de l’homme et de la femme. Puis vient l’histoire des patriarches, ces chefs du peuple juifs comme Abraham ou Moïse.

 

 

 

 

 

 

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